Dans un élan de participation actives des communautés cibles, plusieurs stratégies ont adopté dans la mise en ?uvre du projet dans le but d?intégrés le peuple autochtone. Les activités de formation et de sensibilisation ont été effectuées grâce à des vidéo projecteurs. Les présentations privilégiaient des illustrations présentant la situation actuelle et celles à venir. Les chefs de villages ont été mis à contribution pour la transmission des messages clés auprès de leurs populations. A Bidou I, l?usage de la langue Fang a facilité les échanges et la communication avec la population. A Dikobé, le recrutement d?un traducteur Batanga a permis une meilleure compréhension du projet par les populations locales. A Bella, les échanges se sont effectués en langue Bassa.
L?agroécologie est une approche nouvelle dans la commune de Lokoundjé. bien qu?intégrant et valorisant les savoirs faire endogènes, ses principes de mise en ?uvre suscitent la curiosité des populations locales. De plus ces populations affirment ne pas être informées sur les risques liées à la gestion durable des terres et des forêts qu?elles considèrent comme inépuisable. Ces affirmations des populations lors des pré-enquêtes, ont permis d?orienter les activités du projet vers une sensibilisation et renforcement des capacités des populations afin de faciliter l?intégration aisée de cette approche nouvelle dans les systèmes de production agricoles de la commune. Toute la première phase du projet a été consacrée à l?atteinte de ce résultat, à savoir : Les communautés cibles sont formées et éduquées sur les initiatives en faveur la gestion durable des terres agricoles.
Les activités menées au cours de cette phase sont les suivantes :
Cette activité a été consacrée à la collecte des données sur les pratiques agricoles dans les communautés cibles, ainsi que leurs incidences sur les forêts et les terres. Une fiche de collecte des données a été conçue et administrée dans les trois communautés cibles à savoir : Bidou I, Bella et Dikobé. Au total, 300 fiches ont été administrées.
Cette activité qui visait non seulement une incitation à la prise de conscience des populations à partir des résultats obtenus une implication des populations dans la mise en ?uvre du projet.
Au terme de l?atelier, les populations bénéficiaires ont reconnu la pertinence des résultats des données collectées et ont pris conscience de ce que certaines pratiques endogènes ne sont pas compatibles aux enjeux de durabilité. Mais aussi que certaines techniques traditionnelles, en voie de disparition étaient plus durables et intégraient déjà suffisamment les pratiques agroécologiques.
Cette activité a été transversale à la mise en ?uvre du projet. Cette sensibilisation, basée sur les limites de l?agriculture itinérante sur brûlis, a été initiée lors de l?administration du questionnaire sur l?état des lieux des pratiques agricoles. Etant donné que l?activité agricole dans la commune de Lokoundjé est caractérisée par une agriculture itinérante sur brulis, cette sensibilisation était basée sur les limites de la mise en culture sur brûlis. Elle s?est focalisée sur le rôle destructeur du feu et les effets néfastes de la réduction du temps de jachère sur la production agricole et sur le couvert forestier. La sensibilisation s?est également appesantie sur la nécessité de puiser dans les savoir endogènes les techniques favorables à la durabilité des systèmes de production agricoles.
L?atelier de formation visait un double objectif : le renforcement des capacités des populations paysannes sur la gestion durable des terres agricoles et former ces dernières sur les techniques agricoles favorables à la gestion durable des forêts.
Cette formation a révélé aux populations que l?activité agricole n?est pas incompatible à la gestion rationnelle des forêts et des terres. Dans un élan d?action participative, les agriculteurs des villages cibles, ont chacun visités les richesses des savoir-faire traditionnels. Ceux-ci ont par la suite compris la nécessité d?intégrer dans les parcelles agricoles les espèces d?arbres multifonctionnels et à haute valeur de conservation. Les démonstrations théoriques de cette formation ont tablé sur les principes de création et d?usage des parcelles agroécologiques.
Inovative Financial Mechanisms
Le partage et la gestion des connaissances du projet ont été effectués par la contractualisation de deux stagiaires inscrits en Master II du CRESA Forêt-Bois. Les résultats obtenus du projet ont été capitalisés par la rédaction d?un mémoire sur le thème « Perspectives agroécologiques en vue de la réduction des effets des pratiques agricoles sur le couvert forestier de la commune de Lokoundjé », soutenue au mois de d?octobre 2018. Un article lié à ce mémoire est en cours d?évaluation. Le second mémoire en cours de rédaction, porte sur le « suivi des parcelles agroécologiques en contexte de dynamisation de la biodiversité végétale dans les trois villages de la commune de Lokoundjé ». Cette documentation renforce les résultats du projet. Elle permet la diffusion et la vulgarisation de ceux-ci au-delà de l?échelle communale et est susceptible d?encourager les communautés voisines et lointaines à intégrer ces pratiques dans leur système de productions agricoles afin de mieux gérer leurs terres.
Policy Impact
Le projet visait également un impact politique, notamment dans la stratégie de développement durable du territoire. Ce projet démontre que le renforcement des capacités des populations locales sur les techniques de gestion durables des terres et des forêts et leur accompagnement permet une implication à l?échelle locale de celles-ci dans le processus de développement durable. La réussite de ce projet et la diffusion des résultats obtenus représentent des outils d?aide à la décision qui appellent les pouvoirs publics à la vulgarisation de l?agroécologie et à l?accompagnement de son intégration comme modalité de gestion durable des terres et des forêts. L?implication de l?Antenne d?ANAFOR de Littoral-Océan doit être comprise dans ce sens (influencer la décision en faveur de l?agroécologie).
Notable Community Participation
Les communautés-cibles et principalement les jeunes, ont été impliqués à plusieurs niveaux. D?abord dans la conception et l?articulation du projet à travers la mise en exergue de la problématique de dégradation des sols, de la déforestation et de la disparition de la biodiversité locales. Ensuite elles ont participé activement à l?état des lieux des pratiques agricoles en vigueur dans la commune en donnant des informations précises qui ont permis de ficeler l?offre de formation, et les activités du projet. Enfin, par la mise à disposition de l?équipe du projet des espaces pour la création des parcelles agroécologiques expérimentales, elles ont témoigné, à suffisance, de leur engagement et de leur implication à ?uvre à la réussite du projet.
L?implication de la jeunesse dans les activités agroécologique s?inscrit dans un processus de pérennisation du projet à travers son inscription dans la mémoire communautaire à long terme. La jeunesse, par sa participation, inscrit dans son subconscient la nécessité d?un réexamen des pratiques agricoles et la pérennité des activités du projet dans leurs localités. Ainsi, cette jeunesse grandie avec l?urgence et la conscience d?un développement durable dans le secteur agricole au sein de sa communauté. Les activités ayant connu une implication considérable des jeunes sont les suivants :
État des lieux des pratiques agroécologiques : 300 personnes enquêtées pour un taux de participation de 74,5% chez les hommes et 25,5% chez les femmes.
Atelier communal de restitution des résultats sur l?état des lieux de l?agriculture écologique : 57 bénéficiaires à la base dont 23 Paysannes, 16 jeunes et 18 paysans ont participé à la restitution.
Sensibilisation sur les dangers des pratiques agricoles non durables : 313 personnes sensibilisées (111 femmes, 102 hommes et 100 jeunes).
Formation des communautés cibles sur les techniques agro-écologiques (savoir endogène et autres techniques innovantes) : 57 personnes formées dont 23 Paysannes, 16 jeunes et 18 paysans
Création des parcelles expérimentales agroécologiques : La population ayant pris part aux activités était constituée de 09 femmes, de 08 enfants et de 04 adultes dans la communauté de Bella. Le village Dikobé a été la moins dynamique de tous les villages avec une faible participation de la population aux activités soit 02 jeunes et 04 hommes. On a dénombré la présence de près de 16 jeunes, 8 hommes et 4 femmes à Bidou I sans oublier la participation remarquée du chef de village.
Gender Focus
Les enquêtes socio-économiques réalisées dans commune de Lokoundjé, dévoile dans les villages tels que Bella et Bidou I qui pratique l?agriculture activités principale, les hommes et les femmes s?occupent des travaux champêtres. Les hommes sont généralement chargés de la préparation de la parcelle (abattage, défrichage, mise du feu). Les femmes quant à elles s?occupent de la mise l?ensemencement et de de l?entretien de la parcelle. Hommes et femmes participent à la récolte. Les femmes passent plus de temps dans les activités champêtres que les hommes qui sont parfois occupées par des activités secondaires tels que la chasse, la récoltes de vin de palm et de raphia, préparation de la parcelle d?un tiers contre rémunération, etc. il est à noter qu?en plus des travaux champêtres, les femmes ont la charge du ménage et la prise de décision appartient aux hommes. Dans le village Dikobé où la pêche prime, ce sont les femmes qui sont plus actives. Elles vont en campagnes de pêches qui durent souvent plusieurs jours, voire semaines, à l?aide des pirogues. De plus, elle doit s?occuper du ménage et à l?entretien des jardins de cases.
Dans le but d?établir l?équilibre entre les hommes et les femmes, le projet a mis l?accent sur l?aspect genre en privilégiant une implication considérable de femmes. Les résultats obtenus sont encourageants.
Notons que la participation des femmes a été majoritaire dans toutes les activités menées dans le projet qui se sont suffisamment exprimées sur leur multiple préoccupation. En ce qui concerne le suivi et accompagnement des initiatives individuelles dans les communautés (25 participants), environ 11 femmes en ont bénéficié donc 06 à Bella, 04 à Dikobé et 01 à Bella. Ayant démontré leurs engament lors des différentes phases les initiatives féminines ont reçus plus de plans que celles masculine Les associations étant représentées par les femmes, celles de Bella très actives ont relevé le défi avec la création d?une nouvelle parcelle d?environ 1ha dans laquelle elles ont mis de la pistache, du maïs et la banane-plantain. Elles souhaiteraient introduire des plants d?arbres forestiers, notamment ceux à haute valeur pour la conservation. Ceci a galvanisé les membres des deux autres associations de Dikobé et Bidou I qui envisagent désormais étendre également leurs parcelles.
Promoting Public Awareness of Global Environment
Les plaques signalétiques ont été conçues en plus de l?implication de nombreux jeunes et femmes pour la mise en place des parcelles pilotes dans les trois communautés. Au-delà de l?approche participative qui a déterminé la mise en ?uvre des différentes activités du projet ; qui démontre d?ailleurs une certaine efficacité dans l?atteinte des résultats escomptés, il a été entouré d?une importante dimension pédagogique et scientifique dans la stratégie de communication de celui-ci et de ses résultats. L?atelier Communal sur l?état des lieux des activités agricoles comportait déjà un volet de sensibilisation avec une forte participation de 57 personnes. Le même effectif a été retenu pour l?atelier de formation sur les techniques agroécologiques avec pour principales vocation la promotion de cette pratique. L?atelier de capitalisation des leçons apprises a constitué une autre étape de sensibilisation des membres des différentes communautés quant à l?adoption de pratiques agricoles durables. Aussi, le rôle des autorités administratives et traditionnelles, mais aussi des leaders associatifs locaux, notamment les femmes, a été pris en compte pour réussir le pari de la mobilisation populaire.
Emphasis on Sustainable Livelihoods
Plusieurs activités socio-économiques ont été menées dans la cadre de la mise en ?uvre du projet à savoir :
L?activité agricole dans la commune de Lokoundjé étant caractérisée par une agriculture itinérante sur brûlis, cette sensibilisation était basée sur les dangers de cette pratique. Elle s?est focalisée sur le rôle destructeur du feu et les effets néfastes de la réduction du temps de mis en repos des jachères sur la production agricole et la destruction continue du couvert forestier aux fins d?aménagements de nouvelles parcelles agricoles.
Les communautés ont été formées sur les initiatives en faveur de la gestion durable des terres agricoles, et des forêts. Cette formation a révélé que l?activité agricole n?est pas incompatible à la gestion rationnelle des forêts. Dans un élan d?action participative, les 57 représentants des villages-cibles ont chacun revisité les savoir-faire traditionnels. Ceux-ci ont par la suite compris la nécessité d?intégrer dans les parcelles agricoles les espèces d?arbres multi-usages et à haute valeur de conservation. Les démonstrations théoriques de cette formation ont tablé sur les principes de création et d?usage des parcelles agroécologiques.
La création des parcelles expérimentales a fortement motivé les populations à l?intégration de l?approche agroécologique dans leurs pratiques agricoles. Les populations ayant activement contribués à la conception et à la création de ces parcelles, ont pu apprécier la mise en ?uvre de l?approche agroécologique sous la conduite des experts de l?équipe du projet. Cette phase a été remarquable avec une participation considérable d?enfants à Bidou I et à Bella.
Quinze initiatives pilotes individuelles de 0,5 ha chacune, soit 5 initiatives par communauté, ont été accompagnées à travers la distribution des plants fruitiers et forestiers destinés à être associés aux cultures vivrières. Les populations des villages Bella et Bidou I, ont dû se regrouper en binôme compte tenu du grand nombre d?intéressés par ces initiatives. Un total de 220 plants a été distribué à ces initiatives. La mise en terre de ces plants a été effectuée avec l?appui technique de l?ANAFOR, antenne de Kribi.
L?accompagnement de la création des associations agroécologiques dans les communautés-cibles est un atout pour la pérennité du projet. À travers ces associations, les populations ont pu tirer les bénéfices du travail en équipe ce qui n?était pas très visible dans ces communautés. L?association de Bella s?est démarquée par la création d?une parcelle expérimentale sur fonds propres. De plus, La mise en place d?un fonds de roulement pour chaque association et d?un manuel d?utilisation de ce fonds garantit de la pérennité du projet. Les bénéficiaires du projet ont pris l?engagement et ont été motivé à investir ce fonds dans la création des parcelles similaires ainsi qu?à d?autres activités sources de revenus.
Les participants ont présenté les leçons apprises, les manquements du projet et n?ont pas hésité à relayer les points forts de mise en ?uvre du projet. La tenue de cet atelier a permis aux populations d?être éclairé, sur des zones d?ombres qui subsistaient en ce qui concerne les principes et les modalités d?entretien des parcelles agroécologiques. Avec la participation du Chef-Secteur ANAFOR, Région du Littoral et département de l?Océan, les capacités des populations ont une fois de plus été renforcées sur les questions abordées au cours de l?atelier.
Project sustainability
À travers le fonds de roulement accordés aux associations, les communautés, notamment les femmes ont ainsi la possibilité, dans le cadre strict des prescriptions du manuel d?utilisation, de développer des activités économiques et d?amélioration des revenus qui participent à l?éloignement du spectre de pauvreté. La distribution des variétés améliorées, entre autres, des arbres fruitiers dans le cadre de l?appui aux initiatives individuelles d?agroécologie, participe d?un moyen de lutte, à moyen et long termes, contre la pauvreté dans les communautés-cibles. La vente, d?ici quelques années, des safous, des mangues, des avocats, corossols, citrons, oranges, lemon, goyaves va diversifier et renforcer les revenus des populations et éloigner la pauvreté au sein de la communauté.
Project Results
Activité 1.1. État des lieux des pratiques agroécologiques
Dans le cadre de cette activité, une fiche de collecte des données a été conçue et administrée dans les trois communautés cibles. Au total, 300 fiches ont été administrées, pour un taux de participation de 74,5% chez les hommes et 25,5% chez les femmes.
La population locale est composée d?agriculteurs pour 67% à Bidou I, 62% à Bella et 37 % à Dikobé. On y trouve également des pêcheurs, des chasseurs, et des personnes exerçant le petit élevage. Les activités de cueillette et de ramassage varient en fonction des saisons et participent principalement de la constitution des stocks alimentaires, parfois destinés à la vente.
L?agriculture est dominée par le vivrier. On y retrouve aussi les cultures de rente et le maraîchage. Le vivrier et les cultures de rente sont essentiellement pratiquées en forêt tandis que le maraîchage se pratique dans les jachères peu fertiles (76% des enquêtés). Pour faire face à l?infertilité des sols, les populations mobilisent les savoir-faire endogènes : pratique de la jachère, fertilisation par les déchets alimentaires et les résidus des récoltes, polyculture, rotation des cultures suivant les saisons. Globalement, c?est une agriculture itinérante sur brûlis qui représente 84% des pratiques culturales contre 10% de semi-direct et 6% des pratiques relativement agro-écologiques.
À Dikobé, les populations témoignent que les inondations dues à la crue du Nyong provoquent la pourriture des tubercules et la destruction des récoltes. Ce qui justifie quelque peu le fait que les activités agricoles soient délaissées au profit de l?exploitation forestière et de la pêche. Aussi, sur la base des témoignages des membres de cette communauté, l?exode rural des jeunes à destination de Kribi, Edéa et Douala est une contrainte au renouvellement de la population et de la main d??uvre agricole locale.
Sur la base des observations de terrain et de l?analyse du résultat des enquêtes, les populations de la commune de Lokoundje ont des pratiques culturales qui intègrent peu les savoir-faire endogènes en matière d?agroécologie. À quelques faibles variations, liées aux traditions de chaque groupe sociologique, les pratiques culturales sont quasi-identiques. Elles demandent un encadrement ou une prise en charge en vue de la sensibilisation sur la nécessité d?adoption de techniques durables pour le bien-être des écosystèmes naturels et des populations dont les moyens de vie en dépendent.
***Activité 1.2 : Atelier communal de restitution des résultats sur l?état des lieux de l?agriculture écologique
Dans le cadre de la formation et de l?éducation des communautés locales sur les initiatives en faveur de la gestion durable des terres agricoles, à la suite de l?étude réalisée sur l?état des lieux de l?agriculture écologique, il a été organisé une session communale de restitution des résultats obtenus sur le terrain.
En termes de résultats, un total de 57 bénéficiaires à la base dont 23 Paysannes, 16 jeunes et 18 paysans de la Lokoundje ont participé à la restitution. Cet atelier communal de restitution s?est tenu en présence des trois (03) chefs des villages ciblés, des responsables des services déconcentrés de l?Etat dont le délégué d?arrondissement de la condition féminine et le délégué d?arrondissement de l?agriculture.
Après la restitution des résultats de l?étude de l?état des lieux par village, les réactions ne se sont pas fait attendre pour ce qui est de l?utilisation des engrais chimiques. Les populations sont revenues sur leurs positions individuelles et ont confirmé l?utilisation des engrais non seulement dans les cacaoyères et palmeraies, mais aussi dans le maraîchage pour la fertilisation et surtout pour booster la production. A Dikobé, les populations témoignent que les inondations dues à la crue du fleuve Nyong provoquent la pourriture des tubercules et la destruction des cultures ; ce qui justifie quelque peu que les activités agricoles soient délaissées au profit de l?exploitation forestière et de la pêche. Dans cette même localité fortement enclavée, les paysans présents décrient le départ massif des jeunes vers les villes comme Kribi, Edéa, Douala. Toutefois, des solutions de rechange et d?adaptation à cette situation ont été proposées, l?exemple des billons surélevés et orientés, le drainage et l?adoption des cultures résilientes aux sols hydromorphes.
Au terme de l?atelier, les populations bénéficiaires ont reconnu la pertinence des résultats des données collectées et ont pris conscience du fait que les pratiques endogènes ont des limites et ne sont pas favorables aux principes agroécologiques et aux principes de la durabilité.
Activité 1.3. Sensibilisation sur les dangers des pratiques agricoles non durables
Cette sensibilisation, basée sur les limites de l?agriculture itinérante sur brûlis, a été initiée lors de l?administration du questionnaire sur l?état des lieux des pratiques agricoles. Pour atteindre le maximum de personnes, les séances de sensibilisation se sont déroulées en premier lieu dans les chefferies. Cette approche de proximité a permis de toucher un total de 313 personnes dont 111 femmes, 102 hommes et 100 jeunes de la commune de Lokoundje. Ce qui a permis de dépasser largement la cible fixée au début du projet. La démarche s?est appesantie sur la nécessité de puiser dans les savoirs endogènes les techniques favorables à la durabilité des systèmes de production.
Activité 1.4. Formation des communautés-cibles sur les techniques agro-écologiques
L?atelier de formation visait le renforcement des capacités des populations paysannes sur la gestion durable des terres agricoles et former ces dernières sur les techniques agricoles favorables à la gestion durable des forêts. Au total, 57 personnes des communautés-cibles ont pris part à cet atelier. Les enseignements théoriques ont tablé sur les principes de création et d?usage des parcelles agroécologiques.
Au total, 57 personnes des communautés-cibles ont pris part à cet atelier qui s?est tenu à Fifinda. Les enseignements théoriques ont tablé sur les principes de création et d?usage des parcelles agroécologiques.
Activité 2.2. Création des parcelles expérimentales agro-écologique
Cette activité a commencé par l?identification des différents sites qui, avec le concours des populations, ont été délimités et défrichés. Le choix des essences à introduire dans les parcelles a tenu compte des besoins des populations locales, exprimés lors des enquêtes sur l?état des lieux des pratiques agroécologiques et pendant l?atelier de formation sur les pratiques agricoles durables. C?est ainsi que pour les 0,75 ha aménagé à Dikobé, 1ha à Bella et 1,3 ha à Bidou I , plus de 1600 plants composés des essences à valeur alimentaire, utiles à la pharmacopée traditionnelle, des essences à haute valeur économique et de conservation de la biodiversité ont été obtenues auprès de l?ANAFOR puis transportées à destination des différents sites aménagés
Activité 2.3. Appuyer les associations agricoles féminines dans les localités cibles pour la mise en place de parcelles
Trois associations féminines, dont une par localité-cible, ont été créées ou identifiées. Toutefois aucune de ces associations n?était légalisée. Des assemblées générales de ces trois (3) associations ont été organisés. Au cours de ces assemblées, les bureaux exécutifs ont été confirmés. Les dossiers de légalisation ont été constitués et déposés à la Préfecture. A ce jour une seule des 3 association a déjà obtenu la signature de son dossier de légalisation.
Activité 3.1. Suivi-accompagnement des initiatives pilotes de revitalisation des terres agricoles des bénéficiaires
Cette activité a consisté à l?achat des plants (fruitiers et forestiers) et leur distribution aux bénéficiaires des initiatives individuelles dans chaque communauté. Ainsi, 570 plants ont été reçus dont 215 pour le regarni et 355 destinés aux initiatives individuelles.
La distribution des plants s?est faite suivant les listes constituées par les membres des communautés-cibles qui ont désigné les bénéficiaires et après identification de la parcelle par l?équipe du projet. 15 initiatives individuelles dont 5 par village ont été retenues.
La distribution des plants dans chacune des communautés a été assurée pen collaboration avec le Chef de village, du représentant du partenaire technique ANAFOR. Chaque initiative a reçu une moyenne de 30 plants.
Les essences qui ont été introduites dans les parcelles expérimentales et celles individuelles ont été sélectionnées avec la participation active de la population en fonction de leurs besoins. C?est ainsi que 85,7% d?espèces d?essences intégrées dans les parcelles créées étaient endogène et/ou en voie de disparition. Il s?agit des espèces tels que : Bibolo (Lovoa trichilioides), Bitacola (Garcinia kola), Amvout (Trichoscypha accuminata), Ebam (Picralima nitida), Moabi (Baillonella toxisperma), Homi (Scorodophloeus zenkeri), Cola (Cola acuminata), Bété (Mansonia altissima), Doussié (Afzelia bipidensis), Ayous (Triplochiton scleroxylon), Assamela (Pericopsis elata).
Au-delà de favoriser la préservation de la biodiversité locale et à sa redynamisation, les essences introduites dans les parcelles expérimentales et des initiatives individuelles, participent à la revitalisation des terres. 56% d?essences plantées au cours du projet, ont une valeur écologique de revitalisation des terres par le processus de bio-fertilisation. L?intégration d?une essence telle que le Wengué (Milletia laurentii) joue le rôle de fixateur d?azote atmosphérique indispensable pour la restauration et la fertilisation des sols. Le Bibolo (Lovoa trichilioides) quant à elle constitue une excellente essence d?ombrage pour la culture de Banane-plantain fortement répandue à DiKobé. Grâce à ces essences, la production agricole est ainsi maintenue ; les sols sont restaurés et fertilisés sans recours aux engrais chimiques.