Des structures compétentes, notamment les brigades phytosanitaires départementales et des services compétents du MINEPDD en matière de répression des actes illicites de pollution de l?environnement, ainsi que des opérateurs du secteur privé compétents pour l?enlèvement des déchets et produits dangereux (récipients de pesticides dangereux et des pesticides obsolètes). Deux (2) campagnes de contrôle et de sanction des pratiques agricoles illicites seront organisées dans les zones cibles. A cet effet, la collaboration avec les services déconcentrés de l?Etat sera fortement activée, notamment avec celui compétent (Sous-préfecture notamment) en matière d?application effective des sanctions prévues par la loi, pour des situations avérées de pollution manifeste des terres et de l?eau par le déversement délibéré des pesticides (loi sur le régime de l?eau au Cameroun, etc,). Il est indispensable d?appliquer le principe pollueur-payeur pour les terres et l?eau, notamment en raison de leur sensibilité pour l?environnement en général et les êtres vivants (Hommes, animaux, végétation) en particulier.
La communauté cible du projet est constituée de six villages périurbains d?Edéa 1er dans un rayon de dix (10) kilomètres : Batombé, Elog Belé, Ntouma, Nkak Atzok, Béon, Eboka.
Un effectif de quatre vingt dix (90) producteurs ou exploitants agricoles sera sélectionné dans ces villages pour constituer l?échantillon du public cible principal des activités du projet. Par effet démultiplicateur (notamment par le ??bouche à oreille??), le nombre total d?exploitants agricoles qui seront directement ou indirectement touchés par des activités du projet atteindra au moins 200. Ceux et celles des exploitants agricoles encadrés ayant bien compris les enseignements du projet (au moins 60% hommes et femmes) interpellent les animateurs du projet ou les structures étatiques ou privées compétentes pour la collecte de leurs déchets d?emballages agricoles non biodégradables (plastiques, verres, etc.) ou des pesticides chimiques obsolètes et ils procèdent au recyclage en compost d?au moins 6 tonnes (01 tonne par village cible) des déchets solides organiques dégagés dans leurs exploitations. Ils procèdent également à la restauration de leurs terres agricoles dégradées au moyen des apports de fertilisants organiques ou biologiques.
Project sustainability
Le projet a touché une préoccupation essentielle et vitale des producteurs agricoles des villages cibles : la dégradation des terres agricoles tant du point de vue de la fertilité que des propriétés physiques ; la solution apportée est simple, novatrice, efficace, peu coûteuse et disponible localement : la production du compost à base d?ordures ménagères et de résidus agricoles au champ, et son simple apport aux terres pour restaurer ses qualités productives. La durabilité du projet provient d?abord de son intégration et de son appropriation par les bénéficiaires. Les activités du projet ont apporté des solutions satisfaisantes aux besoins essentiels de vie quotidienne des communautés bénéficiaires, notamment ceux concernant la fertilité des sols. On peut être certain qu?elles continueront d?appliquer la technique agro-écologique de restauration des terres dégradées par des apports de compost d?ordures ménagères ou de fientes de poules pondeuses, garantissant ainsi la durabilité du projet.
Pour ce qui est de la durabilité financière, les bénéficiaires ont été sensibilisés sur la nécessité de mutualiser leurs efforts et s?organiser en coopératives de producteurs agricoles pour faire des économies d?échelle, mieux se développer et pouvoir bénéficier d?aides extérieures.
Promoting Public Awareness of Global Environment
Le projet va promouvoir des pratiques agro-écologiques appropriées de restauration des terres, de production agricole, de protection de la biodiversité terrestre et de gestion des déchets et de pesticides agricoles sans risques sanitaires et environnementaux dans les communautés villageoises agricoles de la Commune d?Edéa 1er
Des activités d?information, de sensibilisation et d?éducation environnementale des populations, notamment sur les risques sanitaires et environnementaux (en particulier sur les facteurs du climat) liés à une mauvaise gestion des déchets ménagers ou agricoles, à l?utilisation du feu pour le défrichement, à une utilisation abusive et incontrôlée des pesticides agricoles ou par des comportements inappropriés de gestion des polluants organiques persistants seront menées.
L?éducation en environnement des producteurs cibles aura essentiellement lieu dans le cadre des rencontres de causeries éducatives organisées dans les zones de production agricole. Ils seront éduqués sur les pratiques de productions agricoles à effet sur l?environnement (notamment de défrichement par brûlis ou aux herbicides totaux), les effets néfastes de la mauvaise utilisation des pesticides et leurs emballages, sur les mesures à prendre pour les pesticides périmés.
Un thème est ainsi dispensé par trimestre dans chaque groupe de 30 (trente) producteurs dans les trois (3) sous-zones. Les thèmes portent aussi sur la gestion et la valorisation des déchets, et la préservation de l?environnement.
Capacity - Building Component
Une (1) campagne générale de sensibilisation annuelle et des sessions sporadiques de sensibilisation seront organisées dans les zones de production cibles sur les effets néfastes sur l?environnement des mauvaises pratiques de productions agricoles. L?effectif de 90 (Quatre vingt dix) exploitants agricoles sera directement touché par les campagnes générales de sensibilisation.
Trois (3) sessions ordinaires d?un (1) jour chacune de formation des producteurs seront organisées pendant la durée du projet, dont une dans chacune des trois sous zones cibles (deux villages par session) sur les thèmes de l?environnement et les techniques de production agro-écologiques durables
Trois (3) sessions de formation appliquée d?un (1) jour chacune sur le thème des biofertilisants, des biopesticides, des polluants organiques persistants (POP) et des gaz à effets de serre (GES) seront organisées pendant la durée du projet dont une dans chacune des trois sous zones cibles (deux villages voisins par session), avec un accent particulier sur le rôle et l?utilisation des champignons mycorhiziens .
Une (01) session de formation d?une durée de deux (2) jours (beaucoup plus pratique (70%) que théorique (30%)) sur le thème de l?utilisation des TIC (avec l?usage du téléphone en agriculture) dans la gestion de l?exploitation agricole sera organisée pour 30 producteurs cibles sélectionnés (15 hommes et 15 femmes) dont 05 dans chacun des 06 villages cibles.
Emphasis on Sustainable Livelihoods
Une structuration des producteurs cibles en un réseau ou groupe de concertation et d?échange d?information pour un développement moderne et concerté de leurs exploitations agricoles sera faite dans les trois sous-zones d?encadrement cibles.
Ce réseau ou groupe sera créé sur Whatsapp. Le CIPRE aura la charge transitoire d?administrer le groupe et de faciliter la prise de décision par les membres. Ceux-ci pourront exprimer à travers textes et images, les difficultés rencontrées dans le cadre de leurs activités de productions et de commercialisation. Les producteurs auront la possibilité de partager leurs difficultés aux différentes étapes de production et de bénéficier de l?aide du CIPRE à la prise de décision en temps réel, notamment sur les menaces (alertes sur les épiphyties, ..) et sur les opportunités (débouchés pour les produits, évolution des prix sur différents marchés, etc) . En temps réel, ils pourront bénéficier des conseils personnalisés ou groupés sur leurs activités de production agricole, des informations sur les opportunités de marchés d?intrants ou de vente des produits agricoles.
Au moins 300 sacs de fientes de poules (pondeuses) et 150 kilogrammes de champignons mycorhiziens seront acquis et octroyés aux agriculteurs formés et encadrés dans les zones cibles du projet pour des essais pratiques dans leurs propres champs. Un total de 50 litres de fertilisant organique foliaire booster de croissance végétale, DI-GROW, sera octroyé aux exploitants cibles. Des adresses de distributeurs de fertilisants organiques (fientes de poules, compost, DI-GROW) et de fertilisants biologiques les plus accessibles seront données aux producteurs cibles pour des approvisionnements ultérieurs à convenance.
La fertilité d?au moins 10 hectares de terres dégradées sera restaurée et la production de denrées agricoles sera accrue d?au moins 20 tonnes au terme du projet ; Deux (2) parcelles de démonstration de la restauration des terres dégradées sur des cultures vivrières par fertilisation organique et biologiques sera créées en milieu paysan, d?une superficie moyenne de 200 m2 par parcelle de spéculations de base alimentaire.
Des semences améliorées de base de deux à trois spéculations agricoles vivrières (manioc, macabo, bananier plantain ou légume,?) entrant dans la base alimentaire de la population cible seront acquises et distribuées aux producteurs cibles à titre de démonstration. Environ deux (02) tonnes de semences sélectionnées seront ainsi acquises et distribuées aux producteurs cibles.
Project Results
***Activité N°1.1: Réaliser une enquête /collecte des données de base.
Un état des lieux des pratiques agricoles dans les villages Ntoumba, NkakAtzock, Batombe, Elog Bele, Beon et Koukoué dans la commune d?Edéa 1er a été réalisé et les données collectées ont été toutes consignées dans un rapport global. La situation agricole de la zone a été réalisée comprenant le calendrier agricole, le type de culture, les types de gestion des espaces cultivables, la fertilité et la fertilisation des terres, la gestion des pesticides et des déchets. Cent dix-neuf (119) agriculteurs au total ont été enquêtés. Dans la zone de Béon et Koukoué, 40 agriculteurs ont été enquêtés dont 21 hommes soit 52,5% et 19 femmes soit 47,5%. Dans la zone de Elog Bele et Batombe, 40 agriculteurs ont été enquêtés ; les proportions d?hommes et de femmes sont respectivement de 24 hommes (60 %) et de 16 femmes (40 %). Dans la zone de Ntoumba et Nkak Atzok, 39 agriculteurs ont été enquêtés ; les proportions d?hommes et de femmes sont respectivement de 23 hommes pour 16 femmes. Les différentes cultures sont : manioc, banane-plantain, ignames, pistaches, taro, maïs, piment, etc?
Ils utilisent tous la méthode de brûlis systématique pour le défrichement des forêts, la préparation des terres et pratiquent la jachère. Certains d?entre eux utilisent des pesticides chimiques pour la protection de leurs cultures; ils déclarent tous qu?ils n?utilisent pas des engrais chimiques ; un bon nombre possède des terres dégradées.
***Activité 2.1. Former les producteurs agricoles encadrés en techniques de production agro-écologiques durables
Trois (03) sessions de formation théorique ont été réalisées sur les techniques de production agro-écologiques durables. 51 (cinquante un) producteurs agricoles formés ((25 hommes et 26 femmes dont cinq (5) mal ou non-voyants à Batombe) dans l?ensemble des 06 villages cibles en trois (3) sessions d?un (1) jour chacune sur les aspects de : Préparation du sol, choix des semences, fertilisation et protection des cultures, choix des espèces entrant dans une association, rotation des cultures sur une même parcelle, utilisation efficiente des engrais biologiques et organiques, etc.
***Activité 2.2. Former les producteurs agricoles encadrés sur les biofertilisants, les biopesticides, les POPs et les gaz à effet de serre (GES):
Résultats : Trois (03) ateliers de formation théorique des producteurs agricoles vivriers sur les biofertilisants, les biopesticides, les POPs et les gaz à effet de serre (GES) ont été organisés.
Ces ateliers regroupaient en moyenne 20 producteurs agricoles (hommes, femmes) par session. 62 (Soixante-deux dont cinq (5) mal ou non-voyants à Batombe) producteurs agricoles formés (35 (hommes et 27 femmes) dans l?ensemble des 06 villages cibles en trois (3) sessions d?un (1) jour chacune.
Plus de 125 personnes donc 52 femmes et 73 hommes producteurs agricoles ont été sensibiliser sur les pratiques d?agriculture durable et formé sur les pratiques d?agriculture respectueuse de l?environnement. Dans le cadre d?une meilleure inclusion sociale des personnes vivant avec un handicap (PVH) sont également bénéficiaires de ce projet. Près 40 PVH ont pris par aux activités du projet donc 5 non-voyants, 10 jeunes et 25 femmes.
Plusieurs séances de formations des producteurs sur les techniques de compostages ont été organisées dans les sites du projet. Les paysans de 6 villages ont bénéficié de plus de 12 séances de formation sur les techniques de fabrication du compost. Ces formations ont abouti à l?élaboration d?un guide technique d?agriculture durable. Près d?une quarantaine (40) agriculteurs ont reçu les fertilisants organiques et biologiques pour leur culture. Deux (02) parcelles de d?expérimentation sur la restauration des terres dégradées ont été créées. Des rejets de bananiers-plantains ont servi pour enrichir ces parcelles.
En vue d?une meilleure lutte contre la dégradation et la pollution des sols, une campagne de collecte et de stockage des déchets d?emballages agricoles non biodégradables (plastiques, verres, etc.) produits par les exploitants agricoles a été organisé dans les villages cibles.
Activité 3.2.3.3 : Création de parcelles de démonstration de la restauration agricole de terres dégradées
Deux (2) parcelles de démonstration de la restauration des terres dégradées ont effectivement été créées ; il s?agit de deux parcelles de plus de 1100 m2 plantés 125 pieds de bananiers plantains; lors de la visite à l?occasion de la journée-bilan, les participants ont eu le plaisir de découvrir avec satisfaction, la bonne tenue de cette parcelle qui affichait fière allure avec de nombreux régimes entrant à maturité.
Toutes les activités prévues pour le projet ont été réalisées avec succès à la grande satisfaction des communautés bénéficiaires des six villages concernés en général estimés à près de 2500 personnes et des producteurs agricoles cibles en particulier (au nombre de 125).
Les bénéficiaires saluent l?apport du projet en termes de formations, de nouvelles connaissances et de technicités acquises en matière de restauration agricole des terres dégradées. En outre, au niveau de la cohésion sociale, les bénéficiaires des formations ont expliqué qu?ils ont une nouvelle vision de relations sociales, notamment ceux qui ont participé aux activités communautaires telles que la création d?une bananeraie plantain par restauration des terres dégradées, la production du compost d?ordures ménagères.
- La notion d?inclusion sociale est mieux cernée et appliquée, à l?exemple des mal ou non voyant qui sont associés aux activités pratiques de production agricole.
- une volonté croissante de la participation à la réalisation des projets communautaires ; le sentiment de vivre ensemble pour progresser ensemble se développe dans les communautés bénéficiaires.