Projet d'amélioration des revenus des communautés de l'APAC KAWAWANA, en riposte à la COVID-19
Projet d'amélioration des revenus des communautés de l'APAC KAWAWANA, en riposte à la COVID-19
La raréfaction des ressources halieutiques et le nombre importants de conflits caractérisent les pêcheries du Sénégal. Au début des années 2000 plusieurs initiatives ont été prises dans beaucoup de zones du pays pour inverser la tendance. A l’instar des autres communautés du Sénégal, les pêcheurs de la commune rurale de Mangagoulack ont créé l’Association des Pêcheurs de la Communauté rurale de Mangagoulack pour mener des actions de conservation de la biodiversité afin de revenir à la bonne vie selon le concept Kapoye Watanang wata Nanang (notre patrimoine que nous allons préserver) ou KAWAWANA. Ce concept va conduire grâce à l’appui de partenaires nationaux et internationaux comme les services techniques déconcentrés de l’Etat et la FIBA, à la création de l’APAC KAWAWANA. Créée par arrêté N° 098.GR.Z/AD du 17 avril 2012, ce site a une superficie 9665 hectares du domaine public fluvial et dispose d’une carte. L’APAC KAWAWANA est une zone de pêche avec plusieurs bolongs. Ayant constaté la disparition de plusieurs espèces de poissons très prisées, l’APCRM s’est mobilisée pour organiser la pêche en subdivisant la zone en bolongs dont l’accès est réglementé. Ce zonage du territoire de l’APAC a été fait de manière participative et inclusive selon la délimitation suivante :
- une zone rouge d’interdiction totale de pêche qui, d’après les savoirs transmis par nos grands-parents, est un lieu de reproduction de plusieurs espèces dont certaines sont sacrées pour notre communauté et
- le bolong que nous avons décidé de conserver de façon stricte est l’ancien bolong sacré de nos ancêtres où habite le grand totem protecteur. Des fétiches placés par les femmes les plus sages à des points stratégiques s’ajoutent aux panneaux de l’APAC pour la protection de la ressource des abus de prélèvement.
La pandémie du COVID19 a été une surprise générale avec des conséquences négatives sur la gestion de l’APAC. En effet, les mesures restrictives sur les transports publics, la fermeture des établissements scolaires et des espaces commerciaux ont ralenti les activités génératrices de revenus. Ainsi, les ménages se sont retrouvés dans une situation très difficile, à cause du ralentissement du petit commerce exercé par les femmes. Cette situation inattendue a poussé les populations s’orienter dans l’exploitation des ressources de l’APAC pour survivre d’abord mais aussi pour venir en aide aux parents confinés dans les villes. Ces mêmes restrictions avaient également rendu difficiles les activités de surveillance.
C’est dans ce contexte que des mesures ont été prises par les responsables de l’APAC pour atténuer les impacts négatifs de la pandémie sur les populations. Ainsi, les fonds initialement destinés à des activités nécessitant des rassemblements ont été réaffectés à la lutte contre le COVID-19 notamment par l’achat de matériel (gel hydro alcoolique, masques, etc.) et la participation à la sensibilisation pour l’application des mesures barrières.
Depuis sa création le fonctionnement de l’APAC KAWAWANA repose sur une utilisation des ressources halieutiques basée sur le respect strict du système de zonage et des règles coutumières et traditionnelles d’exploitation des ressources. Ce système entièrement tributaire de la production naturelle va être significativement fragilisé lors de la pandémie à la COVID 19 qui a favorisé la transgression des règles de l’APAC non pas par faute de légitimité mais du fait des conditions économiques difficiles des populations. Cette situation inattendue allé ainsi compromettre une décennie d’efforts de conservation. Face à cette situation, il urge, pour maintenir les acquis de la conservation de l’APAC, d’améliorer les conditions d’existence des populations par le renforcement du système de production alimentaire. C’est l’objet du présent projet intitulé « projet renforcement du système de production alimentaire au sein du territoire de l’APAC KAWAWANA suite aux conséquences de la pandémie COVID 19 ».
L’action d’APCRM a permis la restauration et aujourd’hui le maintien d’une extraordinaire « biodiversité » dans les écosystèmes de l’APAC Kawawana qui dispose aujourd’hui d’un système de gouvernance cité en exemple dans la sous-région. Notre gestion est « intelligente » car elle s’appuie sur nos connaissances et savoirs faire ancestraux et sur le respect, par tout le monde dans notre communauté, de nos traditions utilisées en tant qu’outils de gestion de l’APAC. L’opérationnalisation d’une équipe de surveillance autochtone bénévole depuis 10 ans (des pêches collectives et un reversement de 70% du montant total des cotisations permettent de financer le carburant de la pirogue des surveillants) est une innovation importante au Sénégal qui démontre la détermination des communautés à protéger la biodiversité.
Enfin, les efforts fournis et les résultats obtenus depuis sa création ont valu à l’APRCM qui a en charge la gouvernance et la gestion de l’APAC KAWAWANA le prix du Programme Régional de Conservation des Ressources Marines et Côtières (PRCM) et également proclamé lauréat du Prix de l’initiative d’Equateur.
L’objectif général de ce projet est renforcer le système de production alimentaire au sein du territoire de l’APAC KAWAWANA suite aux conséquences de la pandémie COVID 19.
Cet objectif général se décline en trois objectifs spécifiques :
? Objectif spécifique 1 : initier des activités de sensibilisation sur les bonnes conduites ;
? Objectif spécifique 2 : renforcer la capacité technique des communautés
? Objectif spécifique 3 : consolider le système de production alimentaire au sein du territoire.
Les résultats attendus au terme de ce projet sont :
- des activités de sensibilisation sur les bonnes conduites sont initiées ;
- la capacité technique des communautés est renforcée ;
- le système de production alimentaire au sein du territoire est consolidé.
Le tableau ci-dessous présente les activités prévues pour l’atteinte des résultats escompté.
Activités prévues
R1. Des activités de sensibilisation sur les bonnes conduites sont initiées
- Des réunions de sensibilisation seront organisées au niveau de chaque village. Soit au total dix (10) réunions au cours du projet ;
- Une séance de restitution sera tenue pour partager avec la communauté les objectifs et les activités prévues dans le projet ;
- Une visite d’information sera effectuée en début de mise en œuvre du projet vers les autorités locales, administratives et coutumière.
R2. La capacité technique des communautés est renforcée
- Une formation en pisciculture qui vise à renforcer les capacité des acteurs avant la réalisation de l’activité proprement dite sera tenu au cours du premier trimestre d’exécution du projet ;
- Une session de formation apiculture qui vise à renforcer les capacité des acteurs avant la réalisation de l’activité proprement dite sera tenu au cours du premier trimestre d’exécution du projet;
- Une session de formation ostréiculture qui vise à renforcer la capacité des acteurs dans le domaine de l’ostréiculture sera organisée avant la réalisation de l’activité proprement dite. elle sera tenue au cours du premier trimestre d’exécution du projet.
R3. Le système de production alimentaire au sein du territoire est consolidé
- La pisciculture semis-intensive :
Il s’agit d’aménager trois étangs piscicoles de 400m² chacun sur le rivage des bolongs à hauteur du village d’Elana qui seront empoissonnés avec des tilapia de taille 05 grammes pour une charge de 10 sujets au mètre carré et exploités selon un système de production semis intensif en suivant le rythme naturel des marrées complété par un nourrissage avec de l’aliment industriel local pour des cycles de 06 mois.
La réalisation d’activités piscicoles permettrait aux communautés de bien observer les repos biologiques ; ce qui réduirait la pression sur les espèces halieutiques et diversifierait les sources de revenu.
- L’ostréiculture sur guirlande :
La pratique de l’ostréiculture sur guirlande sera développée dans les zones où la production naturelle a régressé. En effet, les parcelles où les huîtres sont surexploitées feront l’objet de création de parcs ostréicoles par l’immersion de guirlandes pour capter les naissains et les élever pendant 14 mois.
- L’apiculture de mangrove :
L’activité sera développée par la confection et la pose de ruches à des endroits précis de la mangrove. Ces ruches seront conçues avec un dispositif de protection contre les intempéries.
Cela permettra de produire du miel de la mangrove très appréciée en deux récoltes par année. Ce sera une nouvelle activité qui pourrait inspirer les communautés et participer à renforcer l’écosystème.
 
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Project Snapshot

Grantee:
APCRM
Country:
Senegal
Area Of Work:
Biodiversity
Climate Change Mitigation
Grant Amount:
US$ 28,000.00
Co-Financing Cash:
Co-Financing in-Kind:
US$ 28,000.00
Project Number:
SEN/SGP/OP7/Y1/ICCA-GSI-COVID/2021/06
Status:
Currently under execution
Project Characteristics and Results
Significant Participation of Indigenous Peoples
Cérémonie de lancement Confection et immersion de 2000 mètres de guirlandes Aménagement de trois étangs piscicoles Confection et pause des ruches Renforcements de capacités
Gender Focus
L’APRCM est majoritairement constitué de jeunes, ces derniers seront aux cœurs de la mise en œuvre du projet. Les femmes seront très impliquées car étant souvent les plus vulnérables aux chocs mais aussi les plus engagées dans les activités de production prévues. Ainsi garantir une forte participation des femmes elles participeront impérativement aux formations organisées et aux réunions prévues dans le projet.
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