Contribution des femmes Bagyieli à la pratique de l’agroforesterie et lutte contre les changements climatiques à travers le reboisement des plantes médicinales
Contribution des femmes Bagyieli à la pratique de l’agroforesterie et lutte contre les changements climatiques à travers le reboisement des plantes médicinales
Notre Pays le Cameroun s’est doté d’une vision de développement dont l’objectif est de devenir « un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité » à l’horizon 2035. Le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) qui en est la principale déclinaison, accorde une place importante au secteur rural. Plusieurs activités sollicitant l’espace et affectant la ressource sont mises en œuvre pour atteindre cette idéal d’émergence : agro-industrie, industries extractives, grands projets d’infrastructures, exploitation forestière… Par conséquent la terre et les ressources sont devenues des denrées rares et stratégiques au centre des convoitises à la fois internationales, nationales et locales. D’où un risque d’accentuation de la précarité des populations dépendantes des espaces et des ressources sollicitées.
Telle est la situation des populations du département de l’Océan dans le Sud du Cameroun et plus spécifiquement des populations locale et autochtones Bagyeli de la Lokoundje.
La Lokoundje est une commune du département de l’Océan dont le chef-lieu Fifinda 1 est situé à 35 kilomètres de la ville de Kribi. Le territoire de cette commune compte 36 villages et 23 campements pygmées Bagyeli. Les Bagyeli, sont des peuples autochtones de la forêt communément appelé « Pygmées » et sont les premiers habitants de la forêt dense de l’Afrique centrale. Ils vivent principalement de la chasse et du ramassage des produits naturels de la forêt.
Plusieurs projets de différentes natures se développent sur la commune de la Lokoundje tels les projets d’agro-industrie (SOCAPALM, HEVECAM, AZUR) des projets miniers, d’infrastructure (chemin de fer Mbalam-Kribi), les concessions forestières (09 026). Ces projets qui sont mis en œuvre sur les espaces coutumiers des Bagyeli, appellent à une conversion des forêts à d’autres usages et affectent considérablement leur mode de vie. En effet, les Bagyeli sont des chasseurs cueilleurs et dépendent étroitement de la forêt qui est leur espace vital nécessaire à leur bien-être. La disparition de la forêt et des ressources qu’elle regorge doit contribuer à terme à la perte de la culture de ces peuples.
Aussi, ces peuples voient de plus en plus leur territoire diminuer sans qu’ils aient en retour une compensation juste et équitable. En effet, le mode de mise en valeur de la terre par les Bagyeli qui consiste à conserver sans détruire n’est pas reconnu par le droit positif camerounais qui voit dans la mise en valeur une emprise évidente de l’homme sur la terre.
Bien plus, nos discussions avec ces peuples nous emmènent à comprendre qu’à cause des changements climatiques et la variation des saisons les animaux et certaines plantes se font de plus en plus rare. Par conséquent, les Bagyeli ne mangent plus à leur faim. Pour faire face à cette réalité certains Bagyeli se sont convertis aux activités agricoles, d’autres sont en train d’être réduits en « esclavage » dans les champs de leur voisin Bantou en ce sens qu’ils y travaillent pour des salaires très dérisoires.
Comment accompagner de manière spécifique les femmes Bagyeli à faire face à ces effets de changement climatique et réduire leur résilience à ces changements tout en sécurisant leurs espaces coutumiers ? Tel est le problème que le projet se doit de résoudre. Pour y parvenir, le projet s’appuie sur les deux outils de lutte contre le changement climatique à savoir : l’adaptation en les accompagnant dans le développement d’une agriculture durable à travers les activités de reboisement des espèces des plantes médicinales utiliser par les femmes et en identifiant avec elles les activités alternatives génératrices de revenus et l’atténuation à travers la sécurisation de leurs espaces coutumiers dans le but de préserver la biodiversité qui s’y trouve. Le présent projet mettra un accent sur l’autonomisation des Femmes Bagyeli de la Lokoundjé à travers la sécurisation des leurs terroirs coutumiers et l’amélioration de leurs conditions de vie. Ce faisant, le projet répond aux thématiques changements climatiques et conservation de la biodiversité contenus dans la Stratégie du Programme National SGP Cameroun pour la 6ème Phase Opérationnelle et va consister prioritairement en un renforcement de capacités des Femmes Bagyeli mais aussi secondairement en une démonstration d’information dans le but de faciliter le dialogue non seulement avec le politique mais aussi avec les privés. L’action sera mise en œuvre en collaboration avec l’Association communautaire REFA (Réveil des Femmes Autochtones) active dans la zone et qui travaille pour la défense des droits et intérêts des Bagyeli en général et des femmes Bagyieli en particulier.
 

Project Snapshot

Grantee:
Coopérative D’Appui au Développement de la Femme
Country:
Cameroon
Area Of Work:
Biodiversity
Climate Change Mitigation
Grant Amount:
US$ 26,921.00
Co-Financing Cash:
US$ 5,515.00
Co-Financing in-Kind:
US$ 6,220.38
Project Number:
CMR/SGP/OP6/Y4/CORE/BD/18/01
Status:
Satisfactorily Completed
Project Characteristics and Results
Notable Community Participation
Au moins 100 Bagyeli (communauté Autochtone) des villages Bivouba, 50 habitants des villages Bantou voisins seront directement impliqués dans le projet à travers la sensibilisation et la formation sur leurs droits et l’utilisation de la cartographie participative comme outil de sécurisation de leurs droits et terroirs traditionnels (plaidoyer).
Promoting Public Awareness of Global Environment
Au moins 50 personnes inclues les Bagyeli, les Bantou, les autorités locales, seront sensibilisées sur les pratiques durables (exploitation des produits forestiers non ligneux y inclus la chasse, les activités agropastorales), les effets du changement climatique et du rôle de la forêt dans lutte contre ses effets néfastes.
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Indicators
Biophysical
Hectares of globally significant biodiversity area protected or sustainably managed by project 2
Empowerment
Number of women participated / involved in SGP project 36
Livehood
Number of individuals (gender diaggregated) who have benefited* from SGP project 60

Grantee Contact

Ms. Bérénice Martona MOMPOH
Phone: (237) 694 31 49 76
Email: coopadef2019@gmail.com
 

Address

Abong Mbang centre
Abong Mbang , East , BP: 547

SGP Country office contact

Ms. Mpeck Nyemeck Marie-Laure
Email:
Mr. Fogué Aimé Kamga
Phone:
(237) 22 20 08 00/22 20 08 01
Email:

Address

c/o UNDP Office, P.O. Box 836
Yaounde